Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Amb. Olivier Nduhungirehe, a rejeté les affirmations du président burundais Évariste Ndayishimiye selon lesquelles Kigali aurait accepté d’extrader des personnes accusées d’avoir participé à la tentative de coup d’État de 2015 contre l’ancien président Pierre Nkurunziza.
En effet, le président burundais a déclaré, dans une récente interview accordée à la BBC Gahuza, que les discussions entre Bujumbura et Kigali avaient abouti à un « accord », le Burundi n’attendant désormais que « sa mise en œuvre ».
Évariste Ndayishimiye a affirmé que « toutes les questions en suspens avaient déjà été abordées lors des discussions bilatérales et que la seule étape restante était l’application des engagements pris, notamment l’extradition des personnes accusées d’avoir participé au putsch manqué de mai 2015 ».
Toutefois, le ministre Olivier Nduhungirehe a catégoriquement démenti l’existence d’un tel accord.
« Ce n’est pas vrai. Cela n’a jamais eu lieu », a notamment déclaré le ministre rwandais lors d’un entretien accordé à IGIHE, précisant que les discussions portaient plutôt sur les questions sécuritaires liées aux conséquences de la prise de la ville d’Uvira, dans l’est de la République démocratique du Congo, par la coalition AFC/M23.
Le ministre a expliqué que la dernière rencontre entre les délégations rwandaise et burundaise, à laquelle participaient des responsables militaires et des services de renseignement, s’était tenue à la frontière commune en décembre 2025, et que la question des personnes accusées d’être impliquées dans la tentative de coup d’État de 2015 n’avait absolument pas été abordée.
La tentative de coup d’État, conduite par le général-major Godefroid Niyombare contre Pierre Nkurunziza, remonte à mai 2015, dans un contexte de forte tension politique au Burundi après l’annonce par le président burundais de sa candidature à un troisième mandat, contesté par une partie de l’opposition et de la société civile.
Après l’échec du putsch, plusieurs personnes soupçonnées d’y avoir participé avaient quitté le Burundi, certaines trouvant refuge dans des pays voisins, dont le Rwanda.
Depuis, Bujumbura réclame leur extradition, estimant qu’elles doivent « répondre de leurs actes devant la justice burundaise ». En 2020, la Cour suprême du Burundi avait condamné par contumace à la réclusion à perpétuité 34 personnes accusées d’implication dans cette tentative de coup d’État.
Le Rwanda, de son côté, a toujours affirmé qu’il ne pouvait pas procéder à leur remise aux autorités burundaises, invoquant ses obligations internationales en matière de protection des réfugiés.
Outre ses accusations répétées contre le Rwanda, le Burundi n’a jamais publiquement exercé une pression similaire sur d’autres pays hébergeant des individus liés à cette affaire, les relations avec ces États n’ayant par ailleurs pas été affectées.





