Rwanda-Burundi: Le Président Kagame rejette les allégations d’un accord non respecté

Le Président de la République, Paul Kagame, a déclaré qu’aucun accord ou arrangement conclu entre le Rwanda et le Burundi n’avait été violé par le Rwanda, soulignant notamment qu’il n’avait jamais conclu d’accord avec le Président burundais, Evariste Ndayishimiye, contrairement à ce que ce dernier affirme régulièrement.

Interrogé sur des informations faisant état de prétendues discussions entre le Rwanda et le Burundi, concernant la participation du Burundi aux opérations militaires dans l’est de la République Démocratique du Congo (RDC), le Président Kagame a rejeté ces informations, affirmant qu’elles n’avaient jamais eu lieu et que le Président Ndayishimiye avait peut-être simplement rêvé de ces échanges.

Répondant à cette question lors d’une conférence de presse tenue ce lundi 24 août 2026, le Président Kagame a déclaré qu’il n’avait jamais conclu avec qui que ce soit un accord qu’il aurait ensuite refusé de respecter, y compris avec le Président du Burundi.

“Nous n’avons jamais conclu avec qui que ce soit un accord ou une entente que nous n’aurions pas respecté. Il ne s’agit pas seulement du Président du Burundi, mais de toute autre personne. Mais peut-être qu’une nuit, il en a rêvé et a pensé que cela s’était réellement produit”, a-t-il déclaré.

Le Président Kagame a accusé Ndayishimiye d’avoir menti après la diffusion d’informations, selon lesquelles le Burundi coopérait avec les groupes armés FDLR et FLN, tous deux accusés de chercher à déstabiliser la sécurité du Rwanda.

Il a expliqué qu’en 2023, lorsque le Burundi avait déployé des troupes dans la province du Nord-Kivu, les services de renseignement rwandais avaient obtenu des éléments confirmant ces informations et les lui avaient communiqués. Il a alors appelé le Président Ndayishimiye pour lui demander des explications, mais celui-ci avait nié ces informations.

Le Chef de l’État a indiqué qu’il avait également informé Ndayishimiye que, outre les informations concernant le déploiement de soldats burundais au Nord-Kivu, des renseignements circulaient depuis un certain temps sur une possible coopération entre le Burundi et le groupe armé FDLR, composé en grande partie d’anciens membres impliqués dans le génocide perpétré contre les Tutsi au Rwanda en 1994 et opérant dans l’est de la RDC.

“Je lui ai demandé: Monsieur le Président, est-ce vrai ? Il m’a répondu: non, non, non », a déclaré Paul Kagame.

Selon le Président Kagame, Ndayishimiye lui avait demandé de vérifier davantage les informations dont il disposait, estimant que les personnes qui les lui avaient transmises cherchaient peut être à provoquer des tensions ou lui mentir.

Le Président Kagame a déclaré qu’il avait accordé du crédit aux propos de Ndayishimiye, malgré les informations fiables dont disposaient les services de renseignement rwandais.

Toutefois, quelques jours plus tard, des éléments auraient contredit les déclarations du Président burundais, notamment après la découverte de soldats burundais capturés dans l’est de la RDC par la coalition AFC/M23.

Le Chef de l’Etat Rwandais a ainsi reconnu avoir effectivement discuté de cette question avec le Président burundais, contrairement à ce que ce dernier aurait affirmé au sujet de leurs échanges antérieurs.

“Oui, nous en avons parlé. C’est pourquoi je ne peux pas mentir comme il l’a fait à mon égard. Moi, je ne mens pas », a déclaré le Président Kagame.

Le Chef de l’État a ensuite réaffirmé qu’il ne savait pas à quels pourparlers ou à quel accord le Président burundais faisait reference, lorsqu’il évoquait de prétendus échanges entre les deux pays, d’autant plus qu’il n’avait jamais indiqué où ces discussions auraient eu lieu.

“Que les choses soient claires: où cela s’est-il passé et quand cela a-t-il eu lieu?” a-t-il demandé.

Jean Claude Munyantore

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