Le président Kagame estime que la question vestimentaire ne devrait pas concerner uniquement les femmes

Le président de la République, Paul Kagame, estime que la question vestimentaire, souvent évoquée dans la société, ne devrait pas concerner uniquement les femmes, car les hommes sont également concernés.

Le chef de l’État s’est exprimé sur ce sujet ce mercredi 21 octobre 2026, lors d’une rencontre avec des jeunes venus de différentes régions du pays. Ces derniers ont eu l’occasion de poser diverses questions auxquelles le président Kagame a répondu. La rencontre s’est tenue à la BK Arena.

Le président Kagame a expliqué que la société fixe souvent elle-même des limites et détermine ce qui est acceptable, notamment en matière de tenue vestimentaire. Il a pris l’exemple des personnes qui se rendent à la plage et s’accordent implicitement sur les vêtements adaptés à cet environnement.

“A la plage, cet endroit où les gens se sentent à l’aise, on peut y rencontrer d’autres personnes et certaines tenues y sont acceptées, contrairement à d’autres endroits. Mais si une personne est habillée comme elle l’est à la plage et qu’elle arrive ici, cela serait-il acceptable? Si elle venait ici habillée comme si elle sortait de la plage, vous vous retourneriez en vous exclamant: “Eh !” Vous vous demanderiez: “Mais qu’est-il arrivé à cette personne?”, a-t-il déclaré.

Le président Kagame a souligné que la question de l’habillement est souvent abordée uniquement sous l’angle des femmes, alors qu’elle concerne également les hommes.

“La plupart des gens attribuent cette question uniquement aux femmes. Pourtant, les hommes sont également concernés. Imaginez que nous voyions un homme arriver comme s’il sortait d’une salle de sport, sans rien porter sur le haut du corps, et venir s’asseoir parmi nous. Les gens se demanderaient: “Mais qu’est-il arrivé à cet homme? A-t-il oublié où il se rendait?”, ajoute-t-il.

Le président Kagame a fait ces déclarations en revenant sur un incident survenu quelques jours auparavant, lorsque des policiers avaient interpellé une jeune fille qui se rendait à un concert, estimant qu’elle était mal habillée. Ils l’avaient fait monter dans un véhicule avant de l’emmener en détention.

L’affaire avait suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux. Plusieurs internautes estimaient que la jeune fille avait été injustement traitée, considérant que sa tenue n’était pas indécente et qu’elle ne portait pas de vêtements particulièrement courts, comme cela est souvent reproché dans ce type de situation.

Le chef de l’État a indiqué qu’il avait lui aussi pris connaissance de cette affaire et qu’il avait contacté le commissaire général de la Police nationale du Rwanda, afin d’obtenir des explications détaillées sur les faits.

Selon le président Kagame, le commissaire général, le CG Felix Namuhoranye, lui a expliqué que les policiers n’avaient pas correctement compris les instructions qui leur avaient été données. Le président a alors demandé à voir à quoi ressemblait la jeune fille. Une photo lui a été envoyée, et il a constaté qu’elle avait effectivement été victime d’une injustice.

Le président Kagame a également évoqué la possibilité qu’un policier ait été épuisé au moment des faits. Il a demandé à la population de faire preuve de compréhension envers les policiers, qui peuvent commettre des erreurs après de longues heures de travail et des missions difficiles.

“Parfois, il faut les comprendre et leur pardonner. Ils commencent leur journée très tôt et sont fatigués. Ils affrontent dès le matin de nombreuses difficultés, comme vous le savez vous-mêmes. Il arrive qu’ils finissent par être épuisés et commettent alors une erreur”, a-t- déclaré.

Toutefois, concernant cette affaire, la Police nationale du Rwanda avait déjà reconnu que la jeune fille avait été injustement traitée. Elle avait été réhabilitée dans ses droits, et les policiers impliqués dans son interpellation avaient également été sanctionnés.

Le président Kagame a néanmoins rappelé aux jeunes que les questions vestimentaires ne devraient pas provoquer de tensions ni de débats interminables. Selon lui, la société rwandaise a elle-même établi des limites et des règles de conduite, autrement dit une ligne que chacun est appelé à ne pas franchir.

Jean Claude Munyantore

 

 

 

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