L’approche ‘One Health’ au cœur de la lutte contre la rage

La population appelée à bien prendre en charge leurs chiens

Le Rwanda renforce ses efforts pour protéger la santé des populations, des animaux et de l’environnement à travers l’approche ‘Une seule santé/One Health’. Cette démarche vise à sensibiliser la population à la prévention des maladies et à mieux faire comprendre les liens étroits entre la santé humaine, animale et environnementale, avec pour objectif d’éliminer la rage dans le pays.

Cette approche repose sur le principe selon lequel la santé humaine ne peut être dissociée de celle des animaux et de l’environnement dans lequel ils vivent et qu’ils partagent avec les populations.

Au Rwanda, cette approche mobilise différents secteurs et partenaires intervenant dans la santé humaine, la santé animale, la protection de l’environnement et d’autres domaines, afin de coordonner leurs efforts pour prévenir, détecter et combattre les menaces sanitaires.

La sensibilisation à cette approche s’est notamment inscrite dans le cadre de la Journée mondiale contre la rage, célébrée chaque année le 28 septembre. Les activités de cette année se sont déroulées dans le secteur de Kinigi, dans le district de Musanze, où les habitants ont été sensibilisés aux moyens de prévenir cette maladie.

Dans le cadre des efforts visant à lutter contre la rage, des habitants ont amené leurs chiens pour les faire vacciner contre la maladie, tandis que d’autres chiens ont été stérilisés afin de contribuer à maîtriser leur population. Cette mesure vise notamment à réduire le nombre de chiens errants, certains propriétaires ne disposant pas des moyens nécessaires pour assurer correctement leur alimentation et leur prise en charge.

Les chiens errants peuvent en effet mordre des personnes et, lorsqu’ils sont infectés, leur transmettre la rage.

Dans certaines communautés vivant à proximité du Parc national des Volcans, des habitants utilisent également des chiens pour surveiller leurs champs de pommes de terre. Faute de moyens suffisants pour les nourrir correctement, certains laissent leurs chiens entrer dans le parc à la recherche de nourriture.

Tous les chiens devraient être vaccinés

Cette situation peut favoriser la transmission de maladies entre les chiens et les animaux sauvages. Au retour dans les communautés, les chiens peuvent à leur tour transmettre certaines maladies aux populations, notamment la rage. C’est dans ce contexte que les autorités et leurs partenaires renforcent la mise en œuvre de l’approche ‘Une seule santé’.

Les habitants appelés à mieux prendre soin de leurs chiens

Nshimiyimana Innocent, habitant du secteur de Kinigi, affirme avoir compris l’importance de cette approche.

“Cette initiative est importante parce qu’elle encourage les gens à prendre soin de leurs chiens et à les faire vacciner. Cela permet d’éviter qu’ils errent, qu’ils entrent dans le parc ou qu’ils mordent des habitants et leur transmettent la rage. Les faire vacciner, comme nous le faisons aujourd’hui, est une bonne chose. Même lorsqu’un chien vacciné mord une personne, le risque de transmission de la rage est fortement réduit, comme on nous l’a expliqué. Nous devons donc participer à cette initiative et sensibiliser les autres, car mieux vaut prévenir que guérir”, explique-t-il.

La campagne de sensibilisation se poursuit

Nshimiyimana Ladislas, responsable par intérim de l’unité chargée de la lutte contre les maladies tropicales négligées au Rwanda Biomedical Centre (RBC), souligne l’importance de l’approche Une seule santé.

“Cette approche est une initiative à laquelle nous devons accorder une grande importance, car elle protège la santé des populations, des animaux et de l’environnement. Nous avons pour objectif d’éliminer la rage d’ici 2030. Nous accordons une attention particulière aux districts proches du Parc national des Volcans, car les chiens peuvent entrer dans la forêt et y transmettre des maladies ou en contracter, ce qui pourrait également avoir des conséquences sur le tourisme, qui constitue une importante source de devises pour le pays”, explique-t-il.

Il appelle également la population à éviter les morsures de chiens, rappelant qu’une personne mordue par un chien peut être exposée à un risque important de contracter la rage, une maladie mortelle lorsqu’elle n’est pas prise en charge rapidement.

Le vice-maire du district de Musanze chargé des Affaires Sociales, Kayiranga Theobald, pour sa part, appelle les habitants à ne posséder des chiens que lorsqu’ils disposent des moyens nécessaires pour les prendre correctement en charge.

“Nous encourageons les personnes qui souhaitent posséder des chiens à le faire uniquement lorsqu’elles disposent des moyens nécessaires pour les nourrir et les entretenir correctement. Elles ne doivent pas compter sur les chiens pour trouver eux-mêmes leur nourriture, notamment en les laissant chasser. Lorsqu’un chien a faim, particulièrement dans cette zone proche du parc, il peut y entrer à la recherche de nourriture. Cela crée des problèmes, car un chien porteur d’une maladie peut la transmettre aux animaux sauvages. En tant qu’autorités, nous ne pouvons pas permettre que les chiens constituent une menace pour le Parc national des Volcans”, souligne-t-il.

L’approche Une seule santé est mise en œuvre avec la participation de plusieurs institutions et partenaires, notamment le Rwanda Biomedical Centre (RBC), l’International Gorilla Conservation Programme (IGCP), l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), le Rwanda Development Board (RDB), le Rwanda Agriculture and Animal Resources Development Board (RAB), ainsi que d’autres partenaires.

Le Rwanda poursuit ainsi ses efforts pour éliminer la rage, une maladie qui tue environ 59 000 personnes chaque année dans le monde, principalement en Afrique et en Asie. Les enfants de moins de 15 ans représentent par ailleurs environ 40 % des personnes mordues par des chiens.

Le thème retenu cette année est: « Prévenir la rage grâce à l’approche Une seule santé ».

Jean Claude Munyantore

 

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