La Secrétaire générale de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), Louise Mushikiwabo, a déclaré lors d’un échange avec la presse que le fonds ‘La Francophonie Avec Elles’ figure parmi les réalisations dont elle est particulièrement fière, au cours de ses huit années à la tête de l’organisation.
Lancé pendant la pandémie de Covid-19, ce fonds avait pour objectif de soutenir les femmes touchées économiquement par les conséquences de la crise sanitaire.
Mushikiwabo a expliqué que l’OIF avait mobilisé près de trois millions d’euros, destinés à financer des projets portés par des femmes dans différents pays, notamment ceux qui avaient été durement affectés par les conséquences de la pandémie, qui a fait de nombreuses victimes et entraîné d’importantes pertes économiques.
Selon elle, après avoir contribué à répondre aux besoins urgents liés à la crise, le fonds a été maintenu et intégré aux programmes réguliers de l’OIF.
“C’est quelque chose que je n’avais jamais vu auparavant et dont je suis particulièrement fière, d’autant plus que j’ai eu l’occasion de me rendre dans différents pays pour voir moi-même comment ce projet fonctionne et de rencontrer certaines des femmes qui en ont bénéficié. C’est vraiment l’une des initiatives dont je suis la plus fière”, a-t-elle déclaré.
Elle a indiqué que le fonds avait jusqu’à présent bénéficié à près de 100 000 femmes, tout en exprimant le souhait de voir ce nombre atteindre au moins un million.
Des réformes axées sur l’impact
Louise Mushikiwabo a également souligné que ses huit années à la tête de l’OIF, ont été marquées par des réformes visant à faire de l’organisation une institution davantage axée sur les résultats, et ayant un impact concret sur les populations, plutôt que de se concentrer uniquement sur le nombre de projets mis en œuvre.
Elle a expliqué que l’une de ses principales priorités depuis son arrivée à la tête de l’organisation en 2019, avait été de réorganiser son fonctionnement et de regrouper ses différentes initiatives afin de concentrer les ressources disponibles sur les actions ayant le plus d’impact, notamment en faveur des jeunes et des femmes.
“Si je devais choisir l’une des réformes que nous avons menées depuis 2019, je dirais que l’une des plus importantes a été le regroupement des activités de l’OIF. Nous sommes passés de 40 projets à 15, afin de mieux mesurer les résultats de nos actions, notamment en faveur des jeunes. Nous aurions même pu aller plus loin dans ce regroupement”, a-t-elle indiqué.
Candidate à un troisième mandat à la tête de l’OIF lors de l’élection prévue en novembre 2026, Louise Mushikiwabo affirme avoir décidé de briguer un nouveau mandat parce qu’elle dispose encore de l’énergie et de la motivation nécessaires pour poursuivre le travail entamé.
“C’est quelque chose que j’aime beaucoup. Nous avons obtenu de bons résultats et j’ai encore l’énergie nécessaire pour continuer à travailler”, a-t-elle affirmé.
Elle ne craint pas la concurrence
Interrogée sur la présence de plusieurs candidats africains, notamment de la République démocratique du Congo, pays avec lequel le Rwanda entretient des relations tendues, ainsi que de la Mauritanie et du Rwanda, Louise Mushikiwabo a estimé que l’Afrique ne devait pas nécessairement présenter un candidat unique.
“Je n’ai jamais compris pourquoi l’Afrique devrait avoir un seul candidat. Je pense que le fait que le continent dispose de talents différents et qu’il cherche à promouvoir l’excellence est important pour la Francophonie, mais aussi pour l’Afrique elle-même”, a-t-elle déclaré.
Elle a ajouté que le nouveau mode de désignation du Secrétaire général de l’OIF, qui prévoit un vote lorsque les États membres ne parviennent pas à s’accorder sur un candidat unique, constitue une avancée vers davantage de transparence et de démocratie.
Sur le fait qu’elle soit Rwandaise tout en dirigeant une organisation regroupant 90 États et gouvernements, Louise Mushikiwabo a assuré qu’elle travaillait de la même manière pour l’ensemble des membres lorsqu’elle exerce ses fonctions au sein de l’OIF.
“Je suis Rwandaise et j’en suis fière. J’aime mon pays. Mais, au sein de l’OIF, je travaille pour tous les pays. Même avant de rejoindre l’OIF, je pensais déjà que les pays avaient les mêmes droits et devaient être traités de la même manière”, a-t-elle déclaré.
Lors de la récente réunion tenue en juillet dernier, qui avait réuni plusieurs dirigeants et responsables africains autour de la coordination et du soutien aux candidatures africaines à des postes au sein des organisations internationales, le Rwanda a une nouvelle fois réaffirmé son soutien à la candidature de Louise Mushikiwabo.
Dans son intervention lors de cette rencontre, le Ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, a notamment évoqué la candidature de Louise Mushikiwabo au poste de Secrétaire générale de l’Organisation Internationale de la Francophonie.
Il a indiqué que le Rwanda continuait de soutenir son leadership, saluant sa contribution à la promotion des objectifs de l’organisation, notamment la promotion de la langue française, la coopération internationale et le développement durable.
Quatre candidats sont en lice pour le poste: Louise Mushikiwabo, Rwandaise et actuelle Secrétaire générale de l’OIF, Juliana Amato Lumumba de la RDC, Coumba Ba de Mauritanie et Dacian Cioloș de Roumanie.
Jean Claude Munyantore


