L’Afrique fait face à un déficit annuel de financement estimé à 100 milliards de dollars pour développer son agriculture et ses systèmes alimentaires, alors que le secteur représente un marché potentiel pouvant atteindre 1 000 milliards de dollars.
Le constat a été dressé mardi 01 Septembre 2026, lors de la première journée de l’AFS Forum 2026, consacré à la sécurité alimentaire. Experts, investisseurs et institutions financières ont identifié l’accès au financement, comme l’un des principaux obstacles au développement de l’agriculture sur le continent.
Selon le Fonds International de Développement Agricole (FIDA), le défi ne consiste pas uniquement à mobiliser davantage d’argent. Il faut également améliorer les conditions d’investissement, accroître la productivité, renforcer les infrastructures et faciliter l’accès aux marchés.
Le FIDA mise notamment sur le financement mixte, qui combine des ressources publiques et privées afin de réduire les risques pour les investisseurs, et d’attirer davantage de capitaux vers l’agriculture.
Dans le cadre de son programme destiné au secteur privé, le FIDA prévoit de mobiliser près de 500 millions de dollars en faveur des petites et moyennes entreprises, des petits exploitants agricoles et des institutions financières locales.
Un rapport du Boston Consulting Group publié en 2025 estime que l’Afrique a besoin d’environ 200 milliards de dollars par an, pour répondre à ses besoins de financement dans les systèmes alimentaires, dont près de 49 milliards pour les programmes alimentaires.

Les participants ont toutefois insisté sur la nécessité d’adapter les financements aux réalités des différents acteurs. Les petites entreprises peuvent avoir besoin de subventions, tandis que les entreprises plus importantes peuvent bénéficier de garanties destinées à réduire les risques.
Les jeunes entrepreneurs agricoles ont également appelé à des financements plus accessibles et adaptés au cycle de production agricole. Ils dénoncent notamment le niveau élevé des garanties exigées par les institutions financières, et des modalités de remboursement qui ne tiennent pas toujours compte du calendrier des récoltes.
Au-delà du financement, ils citent le changement climatique, le manque de connaissances, l’accès limité aux marchés, les infrastructures insuffisantes et le manque de services de conseil, parmi les principaux défis du secteur.
Le Ministre rwandais de l’Agriculture et de l’Élevage, Dr Telesphore Ndabamenye, a pour sa part souligné l’importance d’une bonne gestion des terres pour accroître la productivité agricole, protéger les ressources naturelles et renforcer la résilience face au changement climatique.
Les participants à l’AFS Forum 2026 ont conclu que le développement de l’agriculture africaine, nécessitera non seulement davantage de capitaux, mais aussi des financements adaptés, une assistance technique, des mécanismes de réduction des risques, des infrastructures et un meilleur accès aux marchés.

Jean Claude Munyantore

