Les crédits carbone rapportent 2,2 milliards de Frw au Rwanda

L’Etat rwandais a généré environ 1,5 million de dollars, soit 2,2 milliards de francs rwandais, grâce à la vente de crédits carbone.

Le directeur général adjoint de l’Office rwandais de gestion de l’environnement (REMA), Faustin Munyazikwiye, a révélé ces chiffres lors d’une conférence de presse tenue le 16 septembre 2026, en prélude au Sommet africain des marchés du carbone, prévu du 13 au 15 octobre 2026 à Kigali.

“A ce jour, REMA a enregistré 29 projets sur le marché du carbone, qui se trouvent à différents stades de développement. Certains sont au stade de la vente, tandis que d’autres sont encore en cours de vérification par des auditeurs externes. Jusqu’à présent, le Rwanda a généré 1,5 million de dollars grâce à une partie des crédits carbone produits par ces projets. Un certain pourcentage revient aux caisses de l’État”, a déclaré Munyazikwiye.

Le Rwanda a lancé son cadre réglementaire du marché du carbone en 2023 afin d’orienter les investisseurs et les promoteurs de projets, souhaitant générer et échanger des crédits carbone.

Les marchés du carbone permettent de convertir les réductions ou absorptions vérifiées d’émissions de gaz à effet de serre en unités échangeables, appelées ‘crédits carbone’.

Un crédit carbone représente généralement une tonne d’équivalent dioxyde de carbone (CO₂e) évitée, réduite ou retirée de l’atmosphère.

Les pays, les entreprises et d’autres organisations peuvent acheter ces crédits, contribuant ainsi au financement de projets qui réduisent les émissions ou retirent du carbone de l’atmosphère.

Par exemple, un projet forestier dont il est vérifié de manière indépendante, qu’il a retiré 1 000 tonnes d’émissions pourrait générer environ 1 000 crédits carbone, qui seraient ensuite vendus à des acheteurs.

Les revenus issus de ces crédits peuvent contribuer au financement de la plantation d’arbres, à la protection des forêts et à d’autres activités liées au climat.

Des projets dans plusieurs secteurs clés

Munyazikwiye a expliqué que les marchés du carbone aident le Rwanda à mobiliser des financements supplémentaires, pour des projets visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre, alors que le pays œuvre à respecter ses engagements climatiques dans le cadre de l’Accord de Paris.

Les 29 projets enregistrés couvrent notamment la conservation des terres, l’agriculture, la foresterie, la mobilité électrique, la gestion des déchets et les énergies renouvelables.

Ces projets génèrent des crédits carbone en réduisant ou en retirant les émissions de gaz à effet de serre, lesquels peuvent ensuite être vendus aux acheteurs intéressés.

Munyazikwiye a indiqué que le prix des crédits carbone varie en fonction de plusieurs facteurs, les prix actuels se situant entre environ 14 et 45 dollars la tonne.

Les promoteurs de projets soumettent d’abord leurs propositions à REMA. Celles-ci sont examinées par un comité technique avant la délivrance de l’autorisation.

Les projets approuvés font ensuite l’objet d’une vérification par des entités indépendantes accréditées, afin de déterminer si les réductions ou absorptions d’émissions revendiquées sont effectivement réalisées.

Il a précisé que des entités internationales accréditées auditent les projets, pour vérifier si les réductions d’émissions déclarées par les promoteurs ont réellement été obtenues.

Ce processus de vérification vise à garantir que les crédits carbone échangés sur le marché, correspondent à des réductions d’émissions réelles et mesurables.

Il a également indiqué que le Rwanda participe à la fois aux marchés volontaires, et aux marchés réglementés du carbone.

Les marchés réglementés sont liés aux engagements climatiques des pays, tandis que les marchés volontaires permettent aux entreprises et à d’autres organisations d’acheter volontairement des crédits carbone.

Faustin Munyazikwiye, le DG adjoint de REMA

Les crédits carbone peuvent également être échangés au-delà des frontières, permettant aux pays d’acheter des réductions d’émissions éligibles générées ailleurs et, lorsque les règles applicables le permettent, de les comptabiliser dans leurs objectifs climatiques.

Les entreprises peuvent aussi acheter et vendre des crédits carbone entre elles.

Munyazikwiye a indiqué que le Rwanda dispose d’un accord de coopération avec Singapour, dans le cadre duquel ce dernier peut acheter des crédits carbone générés par des projets éligibles au Rwanda.

La Ministre de l’Environnement, Bernadette Arakwiye, a déclaré que les marchés du carbone offrent également aux Rwandais ordinaires, des possibilités de générer des revenus grâce à des activités qui réduisent ou retirent les émissions de gaz à effet de serre.

Elle a cité la plantation d’arbres comme l’un des domaines dans lesquels les individus et les communautés peuvent participer.

“Les Rwandais qui plantent des arbres peuvent développer des projets, mesurer la quantité d’émissions réduites ou absorbées et générer des crédits carbone qui peuvent être vendus sur le marché”, a-t-elle déclaré.

Le Sommet africain des marchés du carbone, qui se tiendra à Kigali du 13 au 15 octobre cette année, présentera un portefeuille de projets africains dans les domaines des solutions fondées sur la nature, de l’agriculture régénératrice, du retrait du carbone, de la valorisation des déchets et du carbone bleu.

 

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