Rwanda NCD Alliance salue les progrès réalisés en cinq ans et appelle à renforcer les efforts

La Rwanda NCD Alliance, une coalition d’organisations engagées dans la lutte contre les maladies non transmissibles (MNT), salue les progrès réalisés au cours des cinq dernières années. Elle estime que plusieurs difficultés auxquelles étaient confrontées les personnes vivant avec ces maladies ont trouvé des solutions. Toutefois, l’organisation appelle le Gouvernement et ses partenaires à redoubler d’efforts, certains défis restant encore à relever.

Ces déclarations ont été faites vendredi 4 septembre 2026, lors du Dialogue national sur les maladies non transmissibles (National Dialogue on NCDs 2026). La rencontre a réuni des représentants de la Rwanda NCD Alliance, du Rwanda Biomedical Centre (RBC), de la Rwanda Social Security Board (RSSB), différents partenaires ainsi que des personnes vivant avec des maladies non transmissibles, qui ont partagé leurs témoignages.

Le président de la Rwanda NCD Alliance, Prof. Joseph Mucumbitsi, a salué la décision d’inclure dans les prestations couvertes par la Mutuelle de santé plusieurs interventions médicales liées notamment aux maladies non transmissibles. Selon lui, il s’agit d’une avancée majeure, qui a permis de réduire le coût des soins pour les patients.

“Parmi les 14 actes médicaux ajoutés l’année dernière aux prestations couvertes par la Mutuelle de santé figurent des interventions très coûteuses, notamment celles liées aux maladies non transmissibles. Il s’agit, par exemple, de la chirurgie cardiaque, de la transplantation rénale, des traitements cardiaques autres que chirurgicaux ou encore de certaines interventions orthopédiques. Ce sont des actes très coûteux. Leur inclusion dans les prestations couvertes par la Mutuelle de santé nous a donc beaucoup réjouis, et nous avons également plaidé en ce sens”, a-t-il déclaré.

Cependant, le Prof. Mucumbitsi souligne que le paiement de 10% des frais médicaux reste un obstacle pour certains patients, notamment lorsque le coût total du traitement est très élevé.

“L’intervention cardiaque la moins coûteuse revient à au moins 5 000 dollars, soit plus de 7 millions de francs rwandais. Les 10 % représentent donc une somme importante qu’un patient ne peut pas facilement réunir, même si les familles se mobilisent parfois pour trouver l’argent. Nous souhaitons donc que, dans les prochaines discussions sur le programme des cinq prochaines années consacré à la prévention et au traitement des maladies non transmissibles, des solutions soient envisagées pour prendre en charge ces 10 %”, a-t-il ajouté.

Prof. Joseph Mucumbitsi

Il estime également qu’il faut renforcer les campagnes de sensibilisation sur la prévention des maladies non transmissibles, d’autant plus que leur dépistage est devenu plus accessible. Les examens peuvent désormais être réalisés dans les établissements de santé du pays, et les services de dépistage sont également progressivement rapprochés des communautés grâce aux agents de santé communautaires.

Mukamurenzi Françoise, qui vit avec l’hypertension artérielle et le diabète, explique avoir découvert tardivement ses problèmes de santé. Elle se réjouit toutefois de l’amélioration de son état grâce à la prise en charge dont elle bénéficie.

“Je suis tombée gravement malade et j’étais presque au bord de la mort sans savoir de quoi je souffrais. J’ai finalement fait des examens et on m’a diagnostiqué une hypertension artérielle et le diabète. J’ai eu la chance d’être prise en charge par la Rwanda NCD Alliance, qui m’a aidée à obtenir des soins et des médicaments. Aujourd’hui, mon état de santé s’améliore. Je les remercie beaucoup, ainsi que le Gouvernement rwandais qui facilite l’accès aux médicaments, d’autant plus que les soins liés aux maladies non transmissibles sont désormais couverts par la Mutuelle de santé”, a-t-elle témoigné.

De son côté, Dr Théoneste Maniragaba, responsable du département de lutte contre le cancer au RBC, estime que ce dialogue est important, car il permet de mettre en évidence à la fois les progrès réalisés et les défis qui persistent.

“En tant que Ministère de la Santé et RBC, notre responsabilité est d’élaborer des stratégies et de les mettre en œuvre. Mais une plateforme comme celle-ci nous permet d’échanger avec la société civile qui représente les bénéficiaires, notamment les patients. C’est important parce que nous partageons des informations. Lorsque nous nous réunissons avec eux, nous leur présentons les progrès réalisés, mais ils nous disent également s’ils sont satisfaits des services que nous leur offrons et nous font part de leurs autres besoins, afin qu’ils puissent être pris en compte dans la prochaine planification. Ils nous indiquent aussi nos faiblesses, ce qui nous permet d’améliorer nos actions”, a-t-il expliqué.

Dr Maniragaba souligne que plusieurs avancées ont été enregistrées au cours des cinq dernières années dans la lutte contre les maladies non transmissibles, notamment en matière d’accès aux soins.

“Nous sommes sur la bonne voie. Aujourd’hui, les Rwandais peuvent se faire dépister pour les maladies non transmissibles avec la Mutuelle de santé, sans devoir se rendre dans des établissements de niveau supérieur, puisque ces services sont disponibles dans les hôpitaux de district et les centres de santé”.

Dr Théoneste Maniragaba

Concernant le cancer, il estime également que les mentalités ont évolué.

“Beaucoup de Rwandais pensaient auparavant qu’un diagnostic de cancer équivalait à une condamnation à mort. Ce n’est plus le cas. Les personnes qui pouvaient se faire soigner pensaient également qu’elles devaient nécessairement aller à l’étranger. Ce n’est plus le cas. Même au Rwanda, les patients ne sont plus obligés de se rendre uniquement à Butaro ou à Kigali. Par exemple, la chirurgie du cancer est désormais pratiquée dans cinq hôpitaux, dont le Centre hospitalier universitaire de Butare (CHUB). »

Il a enfin appelé les Rwandais à se faire régulièrement dépister contre les maladies non transmissibles, rappelant que le gouvernement a rapproché les services de dépistage de la population. Il les a également encouragés à adopter de bonnes habitudes en matière d’alimentation, de consommation et de mode de vie afin de prévenir ces maladies, tout en insistant sur l’importance d’une prise en charge précoce pour les personnes déjà malades.

Jean Claude Munyantore

 

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